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Airbus ne parvient pas à garder la cadence

Dernière mise à jour : 1 mai

L'avionneur européen, Airbus, ne pourra contenter tous ses clients à temps en raison de retards de livraisons, apparemment bien indépendants de sa volonté.

Photo : A. Doumenjou/Master Films/Airbus


C'est d'abord sur France Inter, le 26 avril 2023, que Guillaume Faury, PDG d'Airbus, l'a annoncé : « 2023 va continuer à être une année difficile » pour l'aérien. En effet, M. Faury fait allusion ici à des problèmes de réapprovisionnement par les fournisseurs avec lesquels Airbus travaille : toute une multitude de pièces et d'éléments clés, censés équiper les appareils Airbus mais fournis par des prestataires sous-traitant, manquent à l'appel. Le problème touche aussi Boeing, son principal rival.


« Pour le secteur de la construction aéronautique, qui est notre secteur, on n'a pas du tout tourné la page du COVID au sens où les supply chains, c'est-à-dire les fournisseurs, ne sont pas du tout revenus en termes de capacité à fournir et à livrer au niveau où on était avant la crise », a déclaré Guillaume Faury, alors que le nombre de passagers transportés par les compagnies aériennes, quant à lui, ressemble de plus en plus à celui de l'ère pré-covidienne. En 2019, Airbus avait pu livrer 860 appareils, soit 200 de plus que ceux que l'avionneur a pu remettre à ses clients en 2022, représentant une perte de rendement d'environ 26%. Entre janvier et mars 2023, 127 livraisons ont pu être actées : 20 en janvier, 46 en février et 61 en mars, représentant au total 15 de moins qu'à la fin du premier trimestre de 2022.


L'écart entre la demande et l'offre se creuse, donc, ce qui obligerait Airbus à devoir « monter en cadence », pour reprendre l'expression de M. Faury. Et pour cause : des éléments constitutifs des appareils ne sont pas approvisionnés à temps : « Il manque des pièces, il manque des équipements, il manque des bras, il manque des composants électroniques, il manque de la matière première, il manque de la logistique autour du monde et c'est tout ce système qui n'est pas revenu au niveau de performance où il était avant la crise », a ajouté le PDG d'Airbus lors de son intervention à la radio. Un retour à la normale est espéré pour la fin de l'année 2024 ou dans l'année 2025, à la suite, donc, d'une période de crise de capacité de production de près de six ans.


Cette nouvelle intervient quelques mois seulement après que des sources anonymes citées par Reuteurs ont révélé qu'Airbus prévoyait de décaler quelques-unes de ses livraisons prévues pour 2023, et ce, même si des analystes prédisent qu'environ 820 appareils pourront être livrés par l'avionneur en 2023. Les cadences de livraison sont maîtresses pour Airbus, dans la mesure où l'entreprise perçoit le principal des sommes dues par ses clients au moment de la réception des appareils : des livraisons décalées sont donc des rentrées d'argent décalées, obligeant potentiellement une restructuration des flux de trésorerie.


Sources : France Info, Airbus, Capital.fr et BFM Bourse

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